Tripes - くだらない話

 

Tripes

« LesTops Du Mois », JazzNews/Février 2015 - Matthieu Durand

Suicide Jazz. Avec un tel titre, Tripes annonce la couleur : Jean-Brice godet (clarinettes), Julien Chamla (batterie) et Marco Quaresimin (contrebasse) laissent présager d'un véritable hara-kiri du swing, du bop et des solos. Mais loin d'atteindre à leur vie de « jazzman », les gars du collectif Coax se lancent dans un tour d'hypnose :

deux pièces de vingt minutes et deux manières de penser la transe , l'itération, le minimalisme.

Tout se joue sur des détails, des accents, de mini crescendo, des chantonnements, de discrets decrescendos, de légers décalages. Dans le sillage de Nik Bärtsch ou de Dawn of Midi, les types de Tripes creusent à fond le sillon de la musique répétitive. Mais avec un touchant je-ne-sais-quoi punk.



Improjazz/Mai 2015 - Ludovic Florin

« ... » un LP à la pochette très réussie « ... ».

La première piste (titrée Why Tripes?) s'apparente dans ses dix premières minutes à une sorte de musique de rituel : voix incantatoires, clarinette répétant inlassablement de courts motifs, un batteur qui se fait sonneur de tambours. Tout change justement lorsqu'aux peaux s'ajoutent les métaux (cymbales) de la batterie. Même si le principe musical demeure celui de la superposition de courts cycles obstinément repris, on entre alors dans une

sphère qui s'apparente au jazz. C'est ensuite peut-être davantage du côté du rock expérimental que l'on passe au moment où les musiciens ajoutent des effets proche de la saturation à leurs instruments (sans en être je crois bien), et que le contrebassiste prend sa basse électrique.

« Jazz », « rock », « improvisation libre »... autant de béquilles verbales, de catégorie inaptes à rendre compte véritablement de la musique produite, classements obsolètes auprès de musiciens sans à priori esthétiques, uniquement soucieux de provoquer des émotions. Celles-ci reposent avant tout sur des phénomènes de

lancinances attachés à produire de l'ennui (pour reprendre les propos même du trio), d'une agaçante griserie par la

réitération, d'une accusation du temps qui s'écoule grâce à sa mesure perpétuellement prise.

Voilà donc une musique qui cherche à rivaliser avec l'horizon : les paysage défilent, mais sa ligne demeure à jamais insaisissable. De fait, si la seconde plage (Omnia Vanitas), très écrite, dure certes vingt-et-une minutes, elle aurait pu tout aussi bien ne jamais s'interrompre.



Carnet de Samples/8 Mai 2015 - Chronique de concert - Etienne Brunet

Drones d’un unique accord et phrases répétées pendant plusieurs minutes. Froideur. Tristesse. Brillante performance. Très haut niveau de musique. Eros à zéro. Thanatos à fond. Idée épouvantable du suicide. Leur musique peut faire pensée à celle de the necks par des pièces longues et répétitives mais en réalité c’est l’inverse.

Tripes ‘’suicide jazz’’ représente l’opposé de l’obsession du sexe. Ils jouent le non swing post coltranien et l’absolue refus de la recherche du plaisir. C’est un des rares concert qui m’a complètement déprimé, la plupart des musiciens actuels ne me font rien. Je m’en fout. La musique de tripes ‘’suicide jazz’’ me plait beaucoup, elle est belle et bien maitrisée mais elle donne vraiment la sensation horrible du suicide. Arrêtez de suite ou je saute. Sepuku rythmique.

« ... » C’est ici que tripes ‘’suicide jazz’’ est original : ils créent une cyber forme acoustique sans aucune machine.

« ... » Ils ouvrent les portes de l’infini tristesse de notre monde.



Chronique de concert/8 Mai 2015 - Claude Parle

Surprenante initiative k ce trio inédit ! … Ça fonctionne avec la bonne vieille technique du Δ mais ça vit et ça sonne comme de l'électro ! … Des Δ qui glissent se chevauchent et se perdent, des Δ qui s'emboitent les uns dans les autres, qui fusionnent et finissent par former des cellules et ces cellules par leurs obstinations finissent par

donner des organites qui à leur tour engendrent des hybrides, des organismes qui semblent naître à la vie …

« ... » le temps dilue l'espace, les résonances dilatent les matières et semblent s'adsorber en nos tympans dans une alchimie intime et secrète … Ce qui fonde l'intérêt du "procédé" « ... » ce sont les combinatoires dont le choix revient à celui des musicien qui en prends l'initiative. Moyen royal de sortir de l'ennui de la répétition sans lâcher

pour autant la fascination née de de l'hypnose itérative.

La cohésion remarquable de ce trio fait qu'il en résulte une sorte d'aquarelle sonore où chaque élément distinct des autres s'emmêle quand même à ceux-ci sur ses franges, où il semble générer ces sortes de moires issues des objets fractals en fausses couleurs créés par les machines…

Cela porte et transporte l'auditeur entre le son et l'intime, comme si son tympan s'enroulant sur lui même en se retournant devenait une variété à un seul bord, une surface de Moebius « ... »

Tripes

Suicide Jazz. With such a title, Tripes lays its cards on the table : Jean-Brice Godet (clarinet), Julien Chamla (drums) and Marco Quaresimin (double bass) hint at a real hara-kiri of swing, bop

and solos. Their "jazzman" lifestyles are a distant vision, but the guys from the Coax Collective launch themselves into a hypnotic state: two twenty minute tracks and two ways of developing

trance, iteration and minimalism. It's all in the detail, the stresses, mini crescendos, humming, subtle decrescendos, slight shifts. Following in the footsteps of Nik Bartsch or Dawn of Midi, the

Tripes guys dig deep into the groove of repetitive music. But with a moving punk je-ne-sais-quoi.


JazzNews / February 2015 : Tops of the Month.

Mathieu Durand


[…] "Suicide Jazz" is a fine debut by this Parisian trio, using repetition as a starting point for their

complex series of improvisations and rhythms, creating a very listenable soundscape that is hypnotic and

engaging.


Free Jazz Blog / July 2015 by Stefan Wood ***½


DISCOGRAPHY

Suicide jazz

TRIPES

Official links

  1. www.tripes.eu

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Jean-Brice GODET - Clarinettes

Julien CHAMLA - Batterie Marco QUARESIMIN - Contrebasse 


Composition par Tripes Enregistrement par Sylvain Masure, Studios le Châlet, Reims Mixage & Mastering par Tripes, Sylvain Masure et Kevin Espiche, Studios le Châlet, Reims